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La télématique embarquée désigne l'ensemble des technologies installées dans un véhicule pour collecter, transmettre et analyser des données pendant qu'il circule : position, vitesse, consommation, comportement de conduite et état mécanique. Le terme associe la télécommunication et l'informatique, appliquées ici au véhicule en mouvement.

Concrètement, un équipement relève les données du véhicule, un réseau mobile les transmet, et une plateforme les restitue sous une forme exploitable. Ce guide détaille chacune de ces étapes, les types d'équipements disponibles, les usages en gestion de flotte et les obligations à respecter en France.

Que mesure la télématique embarquée ?

Les données collectées se répartissent en trois familles. Les données de localisation d'abord, issues du GPS : position, itinéraire suivi, arrêts, kilométrage réel. Les données du véhicule ensuite, remontées par l'électronique de bord : régime moteur, consommation, codes défaut, niveau de carburant ou état de charge. Les données de conduite enfin, calculées à partir de capteurs de mouvement : accélérations, freinages, vitesse par rapport à la limite en vigueur, temps de ralenti.

La valeur ne vient pas d'une donnée isolée mais de leur croisement. Une surconsommation prend un sens différent selon qu'elle s'explique par un itinéraire allongé, un style de conduite ou une pression de pneus insuffisante.

Comment fonctionne la télématique embarquée ?

Le fonctionnement repose sur trois étapes successives.

  1. La collecte. Un équipement installé dans le véhicule relève les données. Selon le montage, il se connecte au port de diagnostic OBD, au faisceau électrique ou directement au bus CAN, le réseau interne par lequel circulent les informations des calculateurs du véhicule.

  2. La transmission. Les données partent vers une plateforme distante par le réseau mobile, en continu ou par intervalles selon le paramétrage retenu. Une mémoire tampon prend le relais dans les zones sans couverture et transmet dès que le signal revient.

  3. La restitution. La plateforme met les informations en forme : cartographie, tableaux de bord, alertes et rapports. C'est à cette étape que la donnée brute devient une information sur laquelle décider.

Quelles sont les technologies embarquées associées ?

La télématique embarquée s'appuie rarement sur un seul capteur. Plusieurs technologies coexistent dans un véhicule équipé :

  • Le GPS, pour la position et le calcul des distances parcourues.
  • L'accéléromètre, qui détecte les variations brusques de vitesse et permet de qualifier un freinage d'urgence ou un choc.
  • Le bus CAN, qui donne accès aux données constructeur du véhicule.
  • Le tachygraphe, obligatoire sur les poids lourds, dont les données peuvent être télédéchargées à distance pour la gestion des heures de conduite.
  • Les capteurs de pression et de température des pneus, qui remontent un facteur direct de panne et de surconsommation.
  • La caméra embarquée, qui ajoute un contexte visuel aux événements détectés.

Boîtier télématique : quels types et comment choisir ?

Le boîtier télématique est l'équipement qui rend la collecte possible. Trois montages coexistent, et le choix n'est pas neutre.

Le boîtier OBD

Il se branche sur le port de diagnostic, présent en série sur la quasi-totalité des véhicules récents. Installation en quelques minutes, sans intervention sur le véhicule, et transfert simple d'un véhicule à l'autre. En contrepartie, il reste visible et débranchable, ce qui convient mal à certains usages.

Le boîtier filaire

Il est raccordé au faisceau électrique par un installateur. Le montage est fixe, discret et plus robuste, et il ouvre l'accès à davantage de données selon le véhicule. Il suppose en revanche une immobilisation courte à l'installation et à la dépose.

La connectivité constructeur

Certains véhicules récents intègrent une connectivité en série. Les données remontent alors sans matériel supplémentaire, sous réserve que le constructeur en autorise l'accès et que le véhicule concerné soit couvert. Cette voie évite toute installation, mais la couverture varie fortement selon les marques et les modèles.

Les critères de choix

Quatre questions permettent de trancher : quelles données vous sont réellement utiles, quelle est la composition de votre parc (véhicules légers, poids lourds, engins, véhicules électriques), à quelle fréquence les véhicules entrent et sortent de la flotte, et de quel accompagnement vous disposerez après l'installation. Ce dernier point est le plus souvent sous-estimé : un boîtier correctement installé mais dont personne n'exploite les données ne produit aucun gain.

À quoi sert la télématique embarquée dans une flotte ?

Les usages suivent les données :

  • Suivi de flotte : le suivi des véhicules donne une vision de l'activité réelle et permet de planifier sur des faits plutôt que sur du déclaratif.

  • Écoconduite et sécurité : l'analyse du comportement de conduite alimente un accompagnement des conducteurs sur des critères objectifs.

  • Entretien préventif : les remontées de diagnostic permettent d'anticiper l'entretien des véhicules à partir de l'usage constaté plutôt que d'un calendrier théorique.

  • Conformité : les données servent aussi à automatiser les relevés et les justificatifs.

  • Véhicules électriques : elles servent enfin la transition vers l'électrique, en identifiant les véhicules dont les usages réels sont compatibles avec un modèle électrique.

Pour une vue d'ensemble de ces sujets, consultez notre guide de la gestion de flotte.

Télématique embarquée et protection des données

En France, la géolocalisation des véhicules mis à disposition des salariés relève du RGPD, du Code du travail et des recommandations de la CNIL. Le principe directeur est celui de la proportionnalité : la finalité doit être déterminée et légitime, les représentants du personnel informés ou consultés, chaque salarié informé individuellement, et le suivi doit pouvoir être désactivé en dehors du temps de travail. Le dispositif ne peut pas servir à contrôler le respect des limitations de vitesse.

Ce cadre évolue. Le 30 juin 2026, à l'issue d'une consultation publique, la CNIL a publié sa recommandation sur l'utilisation des données de localisation des véhicules connectés. Cette recommandation vise les usages par des particuliers propriétaires ou locataires de leur véhicule : elle ne couvre pas les véhicules de fonction mis à disposition par un employeur, qui restent régis par les préconisations spécifiques de la CNIL sur la géolocalisation des salariés, actuellement en cours de mise à jour.

Pour l'état du droit applicable à votre situation, reportez-vous à la page de référence de la CNIL sur la géolocalisation des véhicules des salariés et faites valider votre dispositif par votre conseil juridique.

Aller plus loin

Ce guide couvre la technologie. Pour savoir comment elle se traduit en résultats sur un parc précis, consultez notre page télématique de flotte, ou échangez avec un expert MICHELIN Connected Fleet.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la télématique embarquée ?

C'est l'ensemble des technologies installées dans un véhicule pour collecter et transmettre des données pendant qu'il circule, puis les restituer sous forme exploitable. Le mot « embarquée » distingue les équipements présents à bord du véhicule de la plateforme distante qui reçoit et traite les données.

C'est quoi la télématique ?

La télématique est le domaine général qui associe télécommunications et informatique. Appliquée au véhicule, elle devient la télématique embarquée. Notre définition de la télématique détaille le terme de base.

Quelle est la différence entre un boîtier OBD et un boîtier filaire ?

Le boîtier OBD se branche sur le port de diagnostic sans intervention sur le véhicule et se transfère facilement d'un véhicule à l'autre. Le boîtier filaire est raccordé au faisceau électrique par un installateur : le montage est plus discret et plus robuste, et il donne accès à davantage de données selon le véhicule. Le premier convient aux parcs qui évoluent souvent, le second aux installations durables.

La télématique embarquée fonctionne-t-elle sur les véhicules électriques ?

Oui, et les données disponibles diffèrent. Aux informations classiques s'ajoutent le niveau de charge, l'autonomie restante, les sessions de recharge et la consommation en kWh. Ces éléments sont précisément ceux qui permettent de vérifier si un usage réel est compatible avec un véhicule électrique avant de le remplacer.

Faut-il informer les conducteurs avant d'installer un dispositif ?

Oui. L'information individuelle des salariés concernés et l'information ou la consultation des représentants du personnel sont des obligations préalables, et non des formalités postérieures à l'installation. En pratique, expliquer la finalité poursuivie et préciser ce qui n'est pas collecté résout la majorité des réticences.